movie banner

Inside Jamel Comedy Club

Jamel Comedy Club

Sur un site où le credo est d’essayer de faire découvrir des œuvres que l’on a aimé, rares sont les occasions de parler de séries françaises. Et si l’on s’en tient aux séries humoristiques récentes, le constat est encore plus accablant. Evidemment, une certaine Kaamelott a réussi l’exploit de lier succès public et qualité grandissante (force est de le reconnaitre même si on n’a comme moi jamais réussi à adhérer à l’œuvre d’Astier). C’était sans compter sur l’idée de la troupe du Jamel Comedy Club, qui décida d’écrire huit épisodes suivant les coulisses de leur tournée dans toute la France. Tournée mêlant egos surdimensionnés, coups bas, désillusions, vannes incessantes, humiliations et même décès d’un des membres…

Si Michael Youn s’inspirait énormément de ce que la comédie ricaine a fait de mieux depuis 10/15 ans pour son Fatal, Blanche Gardin et Fabrice Eboué vont eux plutôt chercher du côté de l’Angleterre, et plus particulièrement des œuvres de Ricky Gervais et Stephen Merchant. Même docu-fiction que dans The Office, même humour à base de vannes limites et de silence gênés, même histoire d’amour faite sur les non-dits, même utilisation des guests que dans Extras (avec un Obispo qui vient gentiment se foutre de sa gueule et un Légitimus parrain d’un festival d’humour minable qui en a marre qu’on ne lui parle que des Inconnus), et parfois carrément mêmes dialogues (le « débat » sur les nains) !

Comme Fatal, l’œuvre n’arrive jamais au niveau de celles dont elle s’inspire. Mais heureusement, comme Fatal, elle n’en reste pas moins très bien faite, particulièrement bien écrite et réellement poilante. Gardin et Eboué utilisent à la perfection la personnalité de chaque membre du groupe pour que chacun jouent des versions (légèrement ?) caricaturées d’eux-mêmes : Eboué devient un enfoiré narcissique digne de David Brent, Blanche une nympho toujours à fond dans des causes qui la dépassent, Thomas Ngijol un branleur qui tente de pécho tout ce qui bouge, Yacine un amoureux timide, Amelle Chahbi une connasse cherchant à tout prix la célébrité, Wahid un bon gars aimant tout et n’importe quoi et j’en passe. Certains sont malheureusement moins utilisés que les autres, mais chacun a droit sa petite évolution au cours des huit épisodes. Jamel lui-même vient filer un coup de main pour ouvrir et clôturer la série, tandis que Jean-François Carey joue un génial régisseur de tournée.

Vous êtes ici : TV