
Jacques, c'est ce lézard bizarre à l'air ahuri, discrètement coiffé d'un joli chapeau, qui scrute un point invisible au milieu d'une populace pas très maligne. Oui, un tic qui n'est pas sans rappeller Gaspar "Dieu" Noé, là n'est pas la question, mais c'est rigolo à préciser. Jacques est donc le héros éponyme d'une des dernières bandes dessinées made in Spirou Magazine, ne manquant pas de mordant -ouarf-, parfaitement en phase avec l'actualité (bah oui, depuis le temps qu'on vous dit de voter vert...), et, cerise sur le gâteau, le tout fait rire comme il faut. Certes, question sympathie, y'a pas de lézard ! (bon, ca suffit maintenant ! STOP !!).
Blague à part, ce troisième tome des aventures du reptile s'annonce d'emblée attachant, posant un univers assez décalé où règne l'art de la vanne non-sensique. Point de gags phénoménaux à la Monty Python non plus, mais une certaine folle gradation humoristique zappant toute logique. L'histoire parle d'elle-même. A l'intérieur d'un village composé de parfaits idiots, un soi-disant monstre sème le chaos, profitant de la faiblesse de l'autorité policière, terriblement incompétente, pour agir en dépit de toute morale. Ce monstre, dans sa plus grande hargne destructrice, commet l'impensable : il dévore les chapeaux des petites vieilles ! Palsambleu, serait-ce là l'oeuvre de Jacques, lézard domestique doué de parole et somnanbule malgré lui ? De cette quasi-inexistante enquête se dégage un humour absurde à l'envie, la maigre situation de départ n'étant que simple prétexte pour imaginer les situations les plus débiles et surréalistes.
Si Libon joue sur un terrain connu, celui de la bande dessinée bien gravos et assumée comme telle, réservée aux gamins qui se feront un plaisir de voir défiler les scènes burlesques sans queue ni tête, cela ne lui empêche pas de réussir sa mission : faire rire. D'un braqueur incompétent à deux chasseurs bénêts, de personnages ridicules aux gros pifs à de stupides flics, tout est dans la caricature de base, mais c'est un état d'esprit franc bercé par une débilité salvatrice qui fait le sel de cette joyeuse bd. Un mignon lézard, dont le quotient intellectuel laisse perplexe, ne peut s'empêcher de demander son chemin à des passants cardiaques, le programme tv local tourne autour de la mystérieuse, et très vite résolue, disparition d'un pauvre ourson, un général écrit une lettre pleine d'affection à sa milice ("Bisou, le général") et les dialogues plutôt illogiques ne sont pas sans rappeller les délires jusqu'au boutistes d'Edika, en bien moins sexo-scato-trashos forcément.
Cela parait tout bête comme ça (et ça l'est !) mais Jacques est le genre d'oeuvre dont on s'éprend aisément : assez marrante, décalée, portnawak et décérébrée, sans enjeu explicite si ce n'est celui d'encourager la poilade, avec ces militaires sortis d'un Max Pecas et cette stupidité répétitive qui rappelle quelque peu les gags les plus "basiques" des Simpson.
Cela parait tout bête comme ça (et ça l'est !) mais Jacques est le genre d'oeuvre dont on s'éprend aisément : assez marrante, décalée, portnawak et décérébrée, sans enjeu explicite si ce n'est celui d'encourager la poilade, avec ces militaires sortis d'un Max Pecas et cette stupidité répétitive qui rappelle quelque peu les gags les plus "basiques" des Simpson.
Un lézard qui parle..fichtre.."c'est pas banal, ca !".