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Century

Century

Je viens de finir ça donc, le deuxième tome du cycle Century (le 3ème après les épisodes de Fu Manchu, de La guerre des mondes et le Black Dossier pas traduit en français à cause des droits sur le personnages de James Bond apparemment) de le Ligue de la Ligue des gentlemen extraordinaires, qui a la particularité de raconter une seule et même enquête paranormale qui va s'étaler sur un siècle. Le premier, foutrement déprimant, se déroulait en 1910, le deuxième se déroule donc en 1969, en plein délire peace and love, et le dernier se déroulera en 2009 (je me demande vraiment ce qu'il va en tirer). 1969 donc, c'est du Alan Moore à son plus haut niveau, rythmé à la perfection, super drôle (la vision de la fin des années 60 est tordante), crû (et en plus il s'en amuse le saligaud, faut voir la surprise de la première page quoi, intelligent et au final vraiment émouvant.

Du coup, face à cette conclusion, je me suis immédiatement senti obligé de me replonger dans les tomes précédents (mon immobilisation forcée aidant) et là je me reprend une giga baffe dans la gueule avec le premier, qui prend encore une nouvelle dimension (comme s'il en avait besoin) après lecture de ce qui suit. Bref, ça confirme ce que je pensais depuis le début, La ligue des gentlemen extraordinaires c'est l'oeuvre de Moore que je préfère, et donc par conséquent une de mes bandes-dessinées préférées.

FOG de Bonin et Seiter

FOG de Bonin et Seiter

Une plongée dans l'Angleterre du XIXe, dans les années 1870, une dizaine d'années avant les massacres commis par Jack L'eventreur (dont Alan Moore dresse un portrait d'une richesse sans pareil dans son monumental From Hell (*)) mais dans une ambiance toute aussi sombre. La série mêle adroitement une poignée de personnages dans des enquêtes mi-policières, mi-fantastiques dans un trait à la fois rugueux et fluide qu'on sent baigné d'influences à l'Art Nouveau au fur et à mesure que les tomes continuent. Il y a un étrange parfum qui se dégage des albums, une ébauche de romance se dessine même très lentement entre Mary, archéologue et femme libérée très en avance sur son temps et Rupert, journaliste des plus curieux. D'ailleurs on peut le dire, c'est en se basant sur un remarquable sens des détails que Fog construit son ambiance et ses personnages. Mary, Rupert et Andrew ne sont pas que de simples figures tracées à même le papier mais des êtres construits et dotés d'une vraie psychologie et la série, fidèle à son habitude de ne donner qu'au compte-goutte, ne dévoile souvent que peu pour mieux faire marcher l'imagination, voire le suspense, chez son lecteur. Quitte à le prendre totalement par surprise.

C'est aisément vérifiable dès les couvertures mais tout dans Fog respire le travail mené de main de maître jusqu'au bout avec beaucoup de soin. La typo rouge, basique mais d'une sobriété affolante, les couverture, qui restent dans le mystère le plus total (et notez bien le 8e et dernier tome que je vous ai mis, vous remarquerez bien le fond blanc quasi abstrait --de la neige en fait-- où la tache de sang donne en reflet, le visage d'un personnage cherchant à se venger. C'est simple et assez direct). Sans oublier un travail de documentation assez poussé qui m'a bien surpris.

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